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France : près de 8 000 gardes à vue depuis le début de la mobilisation lycéenne, 36 enquêtes sur des violences policières

Des étudiants de l’École des mines de Paris se sont mobilisés en soutien du mouvement lycéen en France, le 8 octobre 2026. ©AFP

Les blocages de lycées et d’universités se poursuivaient mercredi 14 octobre dans plusieurs régions de France, au lendemain de la cinquième journée de mobilisation lycéenne. Depuis le début du mouvement, 7 950 gardes à vue ont été enregistrées, dont 85 % concernaient des mineurs, tandis que 36 enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des violences commises contre des manifestants.

Mercredi matin, plusieurs établissements ont été bloqués ou ont connu des incidents. Dans le Rhône, la préfecture a recensé des rassemblements devant 11 lycées et l’université Lyon-III. À Villefranche-sur-Saône, des individus encagoulés ont attaqué à coups de bâton l’entrée du lycée Louis-Armand, tandis que de l’essence était répandue devant la loge.

À Lyon, les forces de l’ordre ont empêché le blocage du lycée Ampère dès 6 heures. À Oullins, au sud de l’agglomération lyonnaise, des élèves ont été confinés après des tirs de mortiers d’artifice et des incendies de poubelles. Au total, 17 établissements scolaires de la région lyonnaise ont été concernés dans la matinée par des blocages ou des incidents. Neuf personnes ont été interpellées pour incendie volontaire, tirs de mortiers d’artifice ou participation à un attroupement avec le visage dissimulé, selon la préfecture.

À Bordeaux, un feu de poubelles devant le lycée La Ruche s’est propagé à la façade et au rez-de-chaussée du bâtiment. À Amiens, une soixantaine de personnes ont forcé l’entrée du pôle universitaire Jules-Verne avant de se barricader à l’intérieur.

Malgré ces incidents, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a prétendu ce mercredi que 96 % des lycées ont ouvert leurs portes, sans « aucune perturbation recensée » dans les trois quarts des départements. Il a estimé à moins de 200, sur environ 3 700, le nombre d’établissements fermés, soit près de 4 %. À Paris, plusieurs lycées, dont Voltaire et Hélène-Boucher, restaient bloqués.

Le président français Emmanuel Macron a reconnu que « la jeunesse exprime des angoisses légitimes », tout en déplorant que celles-ci soient, selon lui, « exploitées politiquement et transformées en violences urbaines avec des scènes inacceptables ». Il a demandé au gouvernement d’apporter des réponses concrètes dans les semaines à venir, notamment sur la question des bâtiments scolaires.

La veille, mardi 13 octobre, des affrontements ont éclaté dans le centre de Paris lors des manifestations lycéennes. Des échauffourées ont notamment opposé des manifestants aux forces de l’ordre aux abords de la place Vauban, près des Invalides, dans le 7ᵉ arrondissement. La police a fait l’usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau, tandis que des manifestants lançaient des projectiles et tentaient de bloquer des routes à l’aide de barricades improvisées.

Des journalistes ont signalé des voitures incendiées dans les rues de la capitale. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux semblent montrer des policiers tirant des grenades lacrymogènes et utilisant un canon à eau, ainsi que des feux d’artifice tirés en direction des forces de l’ordre. La plupart des autres manifestations organisées dans le pays mardi se sont toutefois déroulées dans le calme.

Selon le bilan communiqué par la justice, au 13 octobre à 17 heures, le mouvement a donné lieu à 7 950 gardes à vue, dont 85 % concernaient des mineurs. La justice a engagé 2 735 poursuites, dont 2 190 contre des mineurs. Vingt-six personnes ont par ailleurs été placées en détention provisoire, parmi lesquelles neuf mineurs.

Parallèlement, 36 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN pour des faits commis contre des manifestants depuis le début de la mobilisation, selon un décompte de source policière.

Le nombre de participants aux manifestations de mardi fait l’objet d’estimations divergentes : le ministère de l’Intérieur en a dénombré 161 500 dans toute la France, contre 480 000 selon l’intersyndicale étudiante et lycéenne. Lors de la précédente journée de mobilisation, le 7 octobre, les estimations allaient de 266 000 à 450 000 personnes.

Les revendications des lycéens portent notamment sur le manque d’enseignants, l’amélioration des conditions d’étude et la rénovation des établissements scolaires. Les organisations mobilisées réclament un investissement massif de 10 milliards d’euros dans l’éducation.

« Chaque euro investi dans un élève, un étudiant, rapportera à la société, c’est vital », a déclaré mercredi sur Franceinfo Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens ! Il a qualifié de moment charnière la rencontre prévue jeudi à 17 h 30 entre les représentants des organisations de jeunesse et les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, Édouard Geffray et Philippe Baptiste. Il a dit attendre des annonces concrètes du gouvernement, estimant que les propositions faites jusqu’à présent n’avaient apporté que des « miettes ».

Aucun nouvel « acte VI » de la mobilisation n’est officiellement prévu jeudi. L’Union syndicale lycéenne appelle toutefois à poursuivre les blocages. Son président, Ryad Rani, a également invité les lycéens, avec plusieurs autres organisations, à rejoindre la manifestation des « gilets jaunes » prévue samedi 17 octobre.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV